Journal des Futurs #51 – Il est temps de repenser le métier de manageur

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L’expérience d’un confinement total durant deux mois fut un laboratoire de recherche inespéré en management. 

  • D’une part, les cartes ont été redistribuées dans les pratiques de management puisque le travail devait être davantage coordonné, réparti autrement en quelques jours. Nombreux sont ceux qui firent preuve d’intelligence de situations. Chacun était prêt à relever un défi commun, en bricolant parfois, pour « faire face ».
  • D’autre part, les hommes et les femmes dits manageurs sont vite apparus soit à la hauteur ou bien en dessous, voire très en dessous des attentes de leurs collaborateurs. L’arbitrage ne portait plus sur l’efficacité d’une organisation existante, ni sur la seule attention aux personnes. Le juge de paix est (re) devenu le travail, la satisfaction de s’en être finalement bien sorti individuellement et collectivement, d’avoir rendu service.

 Le confinement nous a donc démontré l’importance du travail vivant, bien plus que les représentations et les discours sur un travail prescrit, ce qu’il faudrait faire pour que cela tourne ! Avec confiance, une forme de travail invisible se mettait à l’oeuvre, tels les artisans qui trouvent des solutions ingénieuses pour contourner les embuches. 

Mais depuis la sortie du confinement, les collaborateurs ont davantage pris conscience des compétences ou des incompétences de leur manageur, et ces derniers font preuve aujourd’hui de plus d’assurance ou sont devenus fébriles.

Il n’est pas étonnant que ce confinement soit un révélateur de l’importance du métier de manageur car il a été en déclin depuis les années 1990. En cause, la mauvaise image de ce métier et l’apparition de nouvelles terminologies qui donnent le sentiment d’un métier fourre-tout. 

  • Les manageurs ont souvent mauvaise presse car ils donnent l’impression de s’occuper du travail des autres mais de ne pas travailler ! Cette perception est accentuée par l’idée que les manageurs des grands groupes sont des hommes qui font vivre des process dans lesquels doit rentrer le travail !
  • Ce terme « manageur » est devenu sur-utilisé afin d’introduire de nouveaux métiers qui, dans les faits, ne sont plus du management proprement dit : le métier de « community manager » par exemple, relève plutôt de l’animation d’une communauté en réseau.

 Les vrais manageurs, ceux qui connaissent leur métier sont dès lors les premiers à préférer le terme de leaders ! C’est plus noble, mais porte à confusion. 

Pour que les manageurs retrouvent ou conservent leur crédibilité, pourquoi ne pas rester sur l’expérience du confinement qui leur a donné l’occasion de pratiquer le management du travail. C’est l’occasion de prendre un peu de distance sur le traditionnel management des hommes et des organisations.

A trop rechercher le développement personnel ou l’efficacité des organisations, ont en oublierait le travail réel ! 

Laurent Falque
Titulaire de la chaire Sens et travail de l’ICAM, partenaire de l’Académie Synopia.
Résultats d’enquêtes nationales et publications disponibles en ligne : www.icam-chaire-sens-et-travail.fr/

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