Cohésion Nationale

Télécharger notre rapport sur l’accès à la justice et la médiation

Nous devons mieux appréhender les réalités de l’immigration actuelle et apporter les bonnes réponses aux problèmes, éviter la fabrication de ghettos (des silos ethniques) et de zones de non droit, tout en dégonflant certaines baudruches. Au lieu de cela, le non-dit entretient des fantasmes qui profitent aux partis populistes. C’est ridicule. Nous n’éradiquerons pas la délinquance en France tant qu’il subsistera autant de pauvreté et que le chômage des jeunes se maintiendra à un niveau si élevé. Plus de présent, pas d’avenir. Le véritable grand projet d’urbanisme pour les cités-ghettos de la France est celui qui consiste à les vider pour ensuite les détruire, en permettant à tous ceux qui y vivent de s’en extraire par le travail.

Nous avons aussi l’obligation de préparer et d’accompagner les profondes mutations de la société française, à commencer par les conséquences prévisibles de la démographie et de l’immigration. Sous l’influence des flux migratoires passés et actuels, elle va « changer de couleur ». D’ici à 2060, il devrait y avoir une proportion égale de français « blancs de peau » (on dit d’origine caucasienne) que de français ayant une origine nord-africaine, africaine, orientale ou asiatique. C’est une excellente chose qui, si elle réussit, sera la marque du succès de l’intégration et un gage de paix. Mais une évolution si rapide peut virer au cauchemar si nous ne réfléchissons pas ensemble au « comment allons-nous vivre ensemble ? ». Brandir l’étendard de la république laïque en guise de réponse ne suffit pas. Et pratiquer la politique de l’autruche serait suicidaire.

L’immigration, même si elle pose de vrais problèmes et si son coût réel fait débat, représente une chance pour la France, en terme de dynamisme, de stimulation et d’ouverture sur le monde. Ne nous plaignons pas quand la France attire ! Il y a d’ailleurs un autre paradoxe qui mérite d’être souligné : les nouveaux arrivants voient bien le potentiel de la France, et pas seulement à travers son système social. Pour autant, notre modèle d’intégration subit de nombreuses critiques qui mêlent notamment inégalités et insécurité, religions et laïcité.

✔ La question des influences religieuses

Il faut se défier de fermer les yeux sur les « influences extérieures » qui sont à la manœuvre. L’Islam politique constitue une force en marche, qui sait user du cynisme, en face de laquelle l’angélisme de la confiance ne sauraient constituer une réponse sérieuse. Ni le pragmatisme ni la lucidité n’empêchent les bons sentiments de se manifester mais ils permettent d’éclairer le chemin et d’éviter les pièges et les réveils douloureux. Et si Islam et politique s’entremêlent dans les pays qui ont donné naissance à la troisième religion du Livre, nous ne saurions tolérer cette confusion en France, ni même en Europe. De la même façon, nous devons nous prémunir des dérives du prosélytisme religieux à vocation politique et dans cette logique, nous garder d’assimiler ché-guévarisme et djihadisme lorsqu’il s’agit de comprendre les motivations des jeunes Français qui partent faire la guerre sainte en Syrie ou en Afghanistan ; comparaison n’est pas raison. Quant à l’importation violente sur le territoire national du conflit israélo-palestinien, elle est insupportable et la mouvance antisémite qui l’accompagne doit être combattue avec la plus grande sévérité. La liberté d’expression ne peut et ne doit en aucun cas se laisser déborder par la sauvagerie, ni véhiculer la haine de l’autre. Mais là encore, le pouvoir politique doit accomplir un important travail de pédagogie vis-à-vis de nos concitoyens, tout en adoptant une ligne de politique étrangère claire et cohérente. Nous en sommes loin.

Chacun est libre de pratiquer sa religion à l’intérieur de la République et si demain, il doit y avoir autant de mosquées que d’églises, cela ne pose aucun problème, à condition que la voix du muezzin ne s’impose pas à toute la Cité.

Le sujet est si sérieux qu’il faudra d’abord chercher à le dépassionner pour ensuite réunir tous les acteurs concernés et réfléchir sereinement aux plans de cette maison France « black blanc beur ». Car l’avenir appartient déjà à ceux qui peupleront la France de demain et d’après-demain. Un sujet qui concerne aussi l’Europe car en 2030, elle comptera 57 millions de Musulmans, c’est-à-dire plus de 10 % de sa population.

L’une des voix d’action passe par le dialogue inter-religieux et inter-communautaire qu’il faut développer et auquel il faut intéresser les Français dans leur ensemble. Cette démarche devrait conduire les dirigeants politiques à davantage consulter les autorités religieuses et les représentants des grandes communautés de notre pays sur les grandes questions de société. Le fait religieux est une réalité qui n’a pas que des défauts, il joue un rôle important et apporte de nombreux points de repères, temporels et intemporels, dans un monde qui va si vite qu’il en oublie l’essentiel. André Malraux a dit un jour « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux. » Même s’il convient de préserver la séparation de l’église et de l’état, de tels échanges entre dirigeants politiques et dignitaires religieux permettraient de mieux appréhender les aspirations profondes des Français qu’il convient de distinguer des besoins matériels et des urgences du présent. Nous éviterions ainsi les excès du laïcisme qui, par la fermeture de ses raisonnements, tend à rejeter la spiritualité et son héritage, même dans sa forme philosophique.

LES GROUPES DE TRAVAIL

Plusieurs groupes sont constitués ; ils assurent également une veille active sur ces sujets :

  • Droit et Justice
    • L’accès à la justice pour tous
    • La prison en quête de sens
  • Les jeunes face à leur avenir
  • Organisation de deux colloques en partenariat avec l’Université de Paris Dauphine (15 mars 2016 et 14 mars 2017).
  • Rédaction d’un abécédaire pédagogique des spiritualités.
  • La place des spiritualités dans la société.

COLLOQUE

Un premier colloque a été organisé le 29 mai 2015 au Sénat, sous le haut patronage de Gérard LARCHER, président du Sénat, et de Leila AICHI, sénatrice de Paris. Les intervenants :

  • Arnaud Raynouard, Ghaleb Bencheikh, 
Pascal Boniface, 
Feila Boucherit, Stéphane Gatignon, 
Bernard Godard, Hayette Hamidi, 
Mansour Kaba, 
Moussa Khedimillah, 
Xavier Manzano, 
Hanane Ourahaou, Elsa Aay, Nasser Zammit, Jean d’Amécourt et Alexandre Malafaye

Pour en savoir plus sur ce colloque, cliquez ici.

TRIBUNE

Une tribune a également été publiée dans Le Monde le 15 mai 2015, signée par Dany Cohn-Bendit, Alexandre Malafaye et Nasser Zammit. Titre : La cohésion nationale, un défi pour l’État et les musulmans. Lire la tribune.

LES CONFÉRENCES-DÉBAT / RENCONTRES

En lien avec ses travaux, et avec l’objectif de les éclairer, SYNOPIA reçoit des personnalités dans le cadre de réunions « Off  » (règle de Chatham house) :

  • Ghaleb BENCHEIKH, président de la conférence mondiale des religions pour la paix.
  • Préfet Henri MASSE, ancien directeur de l’administration pénitentiaire.
  • Haïm KORSIA, Grand Rabbin de France.
  • Mgr Luc RAVEL, évêque aux armées.
  • Tareq OUBROU, Grand iman de Bordeaux.
  • Bernard GODARD, ancien haut fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur, auteur du livre La question musulmane en France (éditions Fayard).
  • Pierre CONESA, maître de conférence Sciences Po, ancien haut fonctionnaire du Ministère de la défense, et auteur d’un rapport sur la contre-radicalisation publié début 2015. Voir le rapport.
  • Le Dr Dalil BOUBAKEUR, recteur de la Grande mosquée de Paris et ancien président du CFCM, qui devait venir le 26 novembre 2015 s’est décommandé à la dernière minute.
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